lundi 19 juillet 2010
Tout a une fin...sauf la banane qui en a deux (proverbe africain)
3 ans déjà...c'était le 7 août 2007...nous atterrissions à Ouagadougou pour 3 ans...
19 juillet 2010, les 3 années que l'on pensait longues se sont écoulées très très vite, mais quelle densité, quelle richesse ce fut pour nous et on espère pour vous aussi.
Ce blog a tenté de raconter ce que nous vivions, ce que nous découvrions, ce qui nous interrogeait, ce qui nous bousculait, ce qui nous transformait et ce qui nous révélait...
et qu'allons nous garder de cette expérience ? toujours difficile à dire sur le coup...
Ce n'est pas la culture de l'autre que l'on découvre, ce sont surtout nos limites..limites que nous avons appris à dépasser...
Nous avons peut être acquis une plus grande tolérance à l'ambiguïté !!!
En tout cas (comme on dit ici !..il nous faudra maintenant de nouveau dire là bas !), il reste, c'est sûr, une part d'Afrique en nous...les amis que nous laissons, les bruits de la ville, sa lumière et ses couleurs si particulières, les rires, sourires de chaque instant et à tout moment et aussi, nos énervements devant des situations devenus incompréhensibles et où nos limites avaient peut être été atteintes...
Maintenant, nous retournons au pays des blancs...une autre aventure commence...
Mais, ce sera pour mieux revenir...Il parait que quand on revient à Ouaga, c'est la couleur du banco qui vous dit "ca y est, nous sommes de retour !"
La famille Sanou Ouédraogo...
Citoyen d'honneur...
3 ans au Burkina Faso, ce n'est pas rien...
Pour nous remercier, le Maire de la Ville et son conseil municipal nous ont élevés "Citoyen d'Honneur" de la commune de Ouagadougou...
dimanche 18 juillet 2010
Ces filles-là, c’est comme viande d’éléphant !
Voici une nouvelle histoire très bien racontée issue de la presse locale.
"Zacharie aimait les femmes de bar. Tout le secteur le savait, et en parlait, mais de cela, Zacharie s’en moquait éperdument. Pour le moment, il était entièrement occupé à "sauter" Edwige, celle qui travaille dans l’autre bar au secteur 12.
Elle ne pouvait pas lui échapper car il s’y connaissait très bien en la matière. C’est dire que la "grando" qui réussira à la rouler, n’est tout simplement pas encore arrivée au Burkina. C’est une question de sous. Et même s’il fallait dépenser 1 million, Edwige allait être à lui.
La fille était jolie malgré l’outrance de son maquillage et son teint d’un rouge d’argile mal cuite. Zacharie en était profondément troublé car les femmes teint-clair, ça le connaît. Mais il y avait un problème. Chaque fois qu’il venait voir Edwige, il se trouvait toujours quelqu’un avec la serveuse. Toujours la même personne. Et qui était le plus grave, c’est que ce type-là se comportait avec la fille comme si c’était déjà sa "chose".
Zacharie n’aimait pas la concurrence, surtout que l’autre semblait avoir des sous, puisque sa table était toujours remplie de bouteilles vertes, une véritable forêt. Avec lui, Edwige buvait, mangeait à satiété et faisait même boire ses sœurs. En vérité, Zacharie n’aimait pas du tout ce qui se passait-là.
Edwige lui avait dit qu’elle était d’accord pour être sa chérie à lui tout seul ; alors que faisait-elle donc avec cet énergumène ? Zacharie était très fâché. Il était tellement en colère qu’il ne put résister à l’envie d’appeler la fille pour lui demander des explications sur l’identité et les intentions de celui qu’il devinait déjà être son rival en titre. Dans son mooré approximatif, Edwige lui avoua que l’homme en question était son ancien chéri et qu’ils ont même eu un enfant ensemble.
Aujourd’hui, ils se sont séparés mais l’autre insiste pour qu’ils recommencent comme par le passé. Et en s’appuyant amoureusement sur l’épaule de Zacharie, elle lui souffla de ne pas s’en faire car elle n’aimait plus le père de son enfant. Pendant que la fille et Zacharie s’entretenaient, l’autre les regardait fixement, les yeux rouges de colère. Zacharie avait remarqué ce regard, et pour bien faire mal à son rival, il enlaça la serveuse et la tint solidement serrée contre lui.
L’homme pouvait éclater de rage ou de jalousie, c’était son problème. Ce jour-là et tous les autres jours qui suivirent, la bière coulera à flots aussi bien chez Zacharie que chez son rival. La concurrence était à son paroxysme.
Zacharie voulait à tout prix avoir le dessus, et tant pis pour la somme qu’il faudrait débloquer. Il aurait bien les moyens de sa politique. Un jour, l’homme était venu trouver Zacharie qui trônait au milieu des bouteilles de bière, la fille tout près de lui, pour lui dire menaçant, "de voir la fille-là comme çà et la laisser comme-ça", car elle était sa femme ou presque. "Depuis qu’elle a quitté son pays, au moment même où elle ne savait même pas employer les bons parfums et autres crèmes...", c’est lui qui l’a "logée, nourrie et habillée. Si Zacharie ne veut avoir d’histoire, il n’a qu’à rompre avec Edwige.
D’ailleurs, dans le bar il y a tellement de filles que le choix ne sera pas difficile pour lui..." ainsi parla l’homme qui se voulait convaincant ; mais Zacharie est du genre têtu. Pour toute réponse il affirma qu’il "avait Edwige et pas question de la rélâcher. Si l’autre voulait, il n’a qu’à aller chercher les autres filles...", pour lui c’était Edwige ou rien. Et puis poursuivit Zacharie, si l’autre "avait dépensé beaucoup d’argent pour la fille, c’est qu’il était tout simplement bouki...
Est-ce que c’est sa femme même ? Est-ce que la fille avait demandé son adresse avant de venir à Ouagadougou ? Ces filles-là c’est comme viande d’éléphant, celui qui a le couteau le plus tranchant, celui-là coupera le plus gros morceau..." fin de citation. Ce jour-là, la tension était montée entre les deux hommes. Il a fallu de peu qu’ils n’en viennent aux poings. Mais en injures grossières, ils ne se sont pas fait de cadeau. Les pères et les mères, tous ont eu pour leur compte.
C’est comme cela que Zacharie avait "casqué" son rival, et en public encore ! Pour fêter sa victoire, la bière avait encore coulé à flots. La plus heureuse était bien sûr, Edwige. Non seulement les sous qu’elle avait reçus de son amant n’étaient pas encore épuisés, et elle en recevait autant de son nouveau chéri qui se prenait semble-t-il, pour le plus beau et le plus riche de tout le bar.
Il y croyait tellement qu’il finira par presque débaucher la fille. On les verra partout, surtout là où il y a de la viande grillée et de la bière fraîche. Un jour, c’était un week-end, Zacharie et sa "doudou" étaient sortis manger du cheval au "rabilé". La viande était bonne et la bière glacée à point. Edwige et Zacharie se régalaient sans s’occuper des autres clients, ni de ceux qui passaient par là. C’était une erreur qu’ils allaient regretter pendant longtemps, Zacharie surtout. Pendant que le couple s’empiffrait, le rival de Zacharie s’approcha doucement d’eux. Il avait en main un anti-vol dont il avait pris grand soin d’enléver le revêtement en plastique.
Il ne restait plus que les câbles tressés. Le morceau de cheval que Zacharie s’apprêtait à avaler, ressortit avec vitesse de sa bouche, tant le coup avait été violent. Zacharie voulut se retourner. Le deuxième coup traça une profonde balafre au milieu de son visage.
L’autre frappait toujours, augmentant régulièrement la violence des coups. La fille elle, avait disparu dès les premiers coups sans demander ses restes. La tête de Zacharie n’était plus qu’une boule de sang. Abasourdi par la douleur, il ne pouvait même plus se lever de sa chaise. L’autre frappait toujours. Zacharie n’est pas mort.
Il le doit aux clients qui étaient là. Quand il ressortit de l’hôpital après trois jours, il était complètement défiguré, la tête grosse comme une maison. Son rival est en prison. Edwige fait toujours de nouvelles victimes dans son bar."
vendredi 16 juillet 2010
Chiens ouagalais
Les chiens sont très nombreux à Ouaga. On dirait des "rantamplan", le chien de Lucky Luke.
Mais, avec la rage, ils peuvent être dangereux, comme le relate l'article ci joint tiré de la presse locale.
"De capitale africaine des deux roues, Ouagadougou est en passe de devenir celle des chiens errants, si les autorités municipales n’y prennent garde. Car ces cabots et leurs maîtres semblent décidés à dicter leur loi à Simon Compaoré, bourgmestre de la capitale burkinabè.
Au cours des huit premiers mois de l’année 2010, les chiens errants ont mordu des milliers de personnes à Ouagadougou. Certaines sont décédées de la rage. En dépit de ce palmarès éloquent, certains chiens errants semblent manquer d’activités. Aussi ont-ils inventé la chasse aux usagers de la voie publique, comme sport de maintien. Leurs « lièvres », ce sont surtout les motocyclistes, qui empruntent les ruelles à l’intérieur des secteurs. L’on se demande quel tic les a piqués.
Pour Moré Koundoumié, une victime de cette course-poursuite, la situation est suffisamment grave et interpelle les autorités communales. « J’habite au secteur n°28, explique-t-il. Une nuit, je rentrais de la ville et dans une rue de mon quartier, un groupe de chiens s’est lancé à ma poursuite. Je ne dois mon salut qu’à l’arrivée derrière moi d’une voiture, tous phares allumés, ce qui a contraint les chiens à me lâcher pour se lancer à la poursuite de la voiture ». La divagation des animaux, en particulier celles des chiens, constituent une des nuisances les plus graves pour les Ouagalais.
Souvent atteints de rage, les chiens errants la transmettent aux personnes et aux animaux qu’ils mordent ou côtoient ; car, même leur salive peut transmettre le virus de la rage. Non contents d’infliger ces souffrances à la société, les chiens errants peuvent même compromettre tout un avenir.
En juin dernier, alertés par l’opération d’abattage de chiens errants entreprise par la mairie de Ouagadougou, certains propriétaires de chiens les avaient enfermés.
Et comme par enchantement, les colliers et chaînes pour chiens s’arrachaient comme de petits pains. Mais dès la fin de l’opération, ils ont renoué avec leurs mauvaises habitudes. D’autres ont vite trouvé la parade, ne laissant sortir leurs chiens que la nuit. Alors les buvettes et autres maquis deviennent le lieu de prédilection des molosses, où ils se disputent les os à coups de crocs au point de plonger quelques fois leur gueule dans l’assiette des « maquisards ».
Pour la majorité des familles burkinabè, vacciner, nourrir et prendre soin convenablement d’un chien coûte cher. « Nous-mêmes, nous n’avons pas suffisamment à manger, ce n’est pas au chien que nous allons consacrer nos maigres ressources », lancent certains. Alors on préfère le laisser se « débrouiller » seul dans la rue. Pour eux, dehors, le chien trouve tout ce qui lui faut : nourriture, compagnie, et surtout des os qu’il ramène à la maison pour croquer. Si chaque Burkinabè devait se comporter de la sorte, le Faso ne serait plus qu’un « dog land », un royaume pour chiens.
Pourtant, depuis 1961, la divagation des animaux est interdite dans les périmètres urbains. De même que, l’immunisation préventive est obligatoire pour les animaux (chiens, chats, singes, etc.). Mais certains n’en font qu’à leur tête, puisque, pensent-ils, ils ne risqueraient rien. Fort heureusement, le Conseil municipal de la commune de Ouagadougou semble décidé à reconquérir son territoire. Il s’est félicité de la réussite de l’opération ayant permis de mettre hors d’état de nuire 442 chiens errants.
La grande majorité des Ouagalais ne tarit pas d’éloges envers le bourgmestre et ses collaborateurs pour l’initiative. "
jeudi 15 juillet 2010
"c'est ça seulement"
Voici l'histoire de Moncoco, un arbre mort, le terme utilisé pour désigné les personnes souffrants de troubles psychiatriques et qui errent souvent des les rues. "Moncoco est un fou, de cette folie qui rend la personne qui en est atteinte,
d’un calme bizarre, peu parleur, impassible à tout ce qui l’entoure.
Dans le cas de Moncoco, il n’a qu’une seule phrase comme héritage de sa
langue maternelle et cette phrase est en mooré : « woto-bala ! »
ce qui donne en français, « c’est ça seulement ». Autant dire que Moncoco ne parlait pas vraiment. Mais ce dérangé mental au lieu
d’inspirer de la compassion à tous, allait donner de sombres idées à des
individus encore plus sombres que leurs idées. Un soir, un habitant de la zone où réside Moncoco passait dans un
autre secteur de la ville lorsqu’il remarqua devant une boutique quatre
personnes en train de vociférer sur une autre personne assise sur un
banc. L’homme reconnut Moncoco en la personne assise quoiqu’il fut plus
propre et beaucoup mieux habillé que d’habitude : tout de blanc avec
bonnet brodé sur la tête. Pour s’en convaincre, l’homme s’approche et
demanda si c’était bien Moncoco. Sans même le regarder, il lui répondit
de sa voix incolore : « woto-bala ! », « c’est lui
seulement ! » Les autres alors se tournèrent vers lui pour s’enquérir de
la nature de leur relation. Et l’homme de leur dire que Moncoco est un fou de son secteur qui
avait disparu de la circulation sans que personne ne sache où il est
passé. Et les autres dont l’un était le propriétaire de la boutique
devant laquelle il se tenait, d’expliquer à peu près ainsi : « cet
énergumène qui n’a que des « woto-bala ! » plein la bouche est
arrivé ici ce matin dans une Peugeot bâchée avec deux autres personnes. Lorsqu’ils sont entrés dans la boutique, l’un de ceux qui
l’accompagnaient lui demanda si deux sacs de riz de 100 kg ne feraient
pas l’affaire et lui de répondre « woto-bala ! ». Alors ils commandèrent
deux sacs et celui qui réglait la facture nous explique que « woto-bala ! »
appelle-le ainsi, est un riche burkinabè vivant à La Mecque. Les deux sacs étaient pour offrir à des familles qui organisaient les
baptêmes de leurs enfants. Nous le félicitâmes pour cet acte hautement
apprécié de Allah et il nous répondit : « woto-bala ! » Ils payèrent et
ils s’en allèrent. Pas pour longtemps car moins d’une heure plus tard,
ils revinrent et celui qui avait payé cash nous expliqua que parce que
nos bénédictions l’avaient touchés, « woto-bala ! » revenait nous
commander deux tonnes de riz ! et nous d’ouvrir avec empressement nos
magasins et de charger lestement les deux tonnes. Au moment de régler, le même nous expliqua que « woto-bala ! »
allait rester sur place pendant qu’eux deux iraient décharger avant de
revenir avec l’argent pour chercher leur patron... et se tournant vers
celui-ci, il lui demanda si l’argent se trouvait bien à l’endroit qu’il
leur avait indiqué et lui de répondre : « woto-bala ! « .Ils s’en
allèrent et nous donnâmes la meilleure chaise de la boutique à cet
envoyé de Mohamed ! C’était vers 10 heures et actuellement, il est 18
heures passées et les deux autres ne sont toujours pas de retour. A toutes nos questions des plus simples aux plus angoissées, il ne
répondait que par son énervant : « woto-bala ! ». Le comble, ce fut
lorsque l’un de mes frères menaça de le frapper s’il ne disait pas où
étaient passés les autres et que devant la menace, il lança son
impossible » ok c’est ça seulement ! » « woto-bala » ! Autrement dit :
frappez-moi ! Si ce n’est pas une abomination d’enlever un fou, le laver, le
blanchir et s’en servir comme monnaie dans une affaire d’escroquerie."
lundi 12 juillet 2010
gendarmes debout...
On les appelle les "gendarmes couchés", mais, ici ils sont des fois tellement haut, qu'on en accroche à chaque fois sa voiture..
ils sont appelés des "gendarmes debout" !!!
Un court article tiré de la presse locale explique ce problème :
"Quelqu’un a dit que Ouagadougou est une ville poussiéreuse. Pour diminuer un tant soit peu les nuages de poussière, les riverains des routes posent des ralentisseurs de vitesse communément appelés « gendarmes couchés ».
Même s’ils ont le mérite de ralentir l’allure des jeunes qui font des vitesses éperdues dans les « six-mètres », ces ralentisseurs de vitesse causent d’autres désagréments. Car ils ne sont pas posés par les autorités compétentes et ceux qui sont victimes d’accidents.
Aussi, si ces « gendarmes couchés » étaient posés uniquement dans les quartiers, cela passe. Mais que les autorités communales laissent des individus construire des ralenti de vitesse sur la voie bitumée, il y a de quoi se poser des questions."
samedi 10 juillet 2010
Dis moi comment tu roules je te dirai qui tu es !
Ouagadougou est vraiment la capitale du deux roues...la grande majorité des déplacements a lieu en deux roues. Il y a prés de 25 km de pistes cyclables
Les chiffres parlent d'eux même : 75% des déplacements se font en mobylettes, 17% en vélo, 10% en voitures et 7 % en transport en commun.
C'est vrai que la ville est étendue...340 km2 !!! et 200 km de voiries mais seulement 10% de bituméees..donc, on comprend que le deux roues soit le moyen de transport par excellence...
Jusqu'à ces dernières années, la Yamaha Dame (car c'était le "mari capable" qui offrait cela à Madame) était un deux temps..donc très polluant. En plus son coût était élevé : autour du million de francs CFA
Les chinois sont arrivés...
Ils ont proposé un mobylette autour de 400 000 Fcfa et en plus en quatre temps, moins polluant...
Cela a fait un tabac !!!
Elément très important ici : le moyen de transport est très lié à la position sociale.
Le plus pauvre marche à pied. Quand il est un peu plus riche, il roule en vélo..encore plus riche en P50..encore encore plus riche en mobylette puis en moto puis en voiture...
Un ami burkinabè nous disait :
"Quand je veux acheter quelquechose moins cher, j'envoie mon gardien avec son vélo...car un marchand fixe ses prix en fonction du véhicule qui se gare devant chez lui !"
vendredi 9 juillet 2010
Egilse de Boni
A Boni, petite commune située entre Ouagadougou et Bobo-Dioulasso, l’église est assez originale...
Sa conception a été réalisée par un père blanc d’Afrique, architecte, qui a consulté les anciens du village sur les symboles pouvant être utilisés dans l’aménagement de leur église.
Les anciens du village ont proposé un modèle de masque qui n’évoque pas une divinité, mais plutôt des valeurs importantes de leur ethnie Bwaba.
Le clocher et la porte d’entrée ont donc la forme d’un masque qui représente le calao.
Le calao est un oiseau coloré au gros bec qui donne l’impression de porter un casque grâce à son plumage. Il est très sociable, très fidèle et l'on peut l'apprivoiser facilement.
Une vraie capacité de tolérance à mixer animisme et religion chrétienne...
mardi 6 juillet 2010
Ca été une seule fois...
Pour poursuivre la question des "petites bonnes", voici une triste histoire tirée de la presse locale.
" Ni Mme Tiendrébéogo, ni son mari , encore moins un autre membre de la famille ne savait que leur fille de ménage était enceinte. Or, on murmurait dans le quartier qu’elle portait une grossesse du voisin. Eric a juste 20 ans et est élève en 3e année CAP. De confidence en confidence, la nouvelle tomba dans les oreilles de Mme Tiendrébéogo. Aussitôt informée, elle appela la fille pour l’interroger. Mais celle-ci resta muette. C’est plus tard qu’elle se confia à la vieille belle-mère de Mme Tiendrébéogo. Elle avoue avoir eu des rapports sexuels non protégés avec Eric. Séance tenante, Mme Tiendrébéogo propose un test censé confirmer la grossesse. Le résultat se révéla positif. Dès lors, la famille Tiendrébéogo initie une réunion, avec la famille Kambiré.. Réunion au cours de laquelle Eric nie en bloc les faits avant de reconnaître que " ça été une seule fois". Donc la grossesse ne lui appartenait pas. Il est soutenu dans cette position par tous les membres de sa famille. Evelyne de son côté soutient le contraire : " Je n’ai jamais connu un garçon, si ce n’est pas toi", aurait-elle martelé. Elle avance que les choses se sont passées à deux reprises.
Les deux tourtereaux se retrouvaient pendant que la mère d’Eric était préoccupée par la vente de son dolo (alcool de mil). Au regard de la polémique qui amplifiait, les deux parties devraient se retrouver le jeudi, c’est-à-dire le lendemain. Mais Evelyne n’attendra pas cette rencontre. Elle s’en va payer un litre d’essence dont elle s’aspergea tout le corps. Seule la face a été épargnée. Elle choisit un coin très exigu de la cour pour se brûler. Dès que l’irréparable se produisit, elle crie au secours et court dans tout les sens, tente de s’introduire dans la maison de ses employeurs avec les flammes. Elle se trouva nez à nez avec la vieille qui s’interpose. Tout ce remue- ménage fait un tohu-bohu qui alerta les voisins. De l’eau par-ci, du sable par-là, ils arrivent à circonscrire les flammes 30 minutes après. Evelyne tomba toute charnue. En clair, la peau qui constitue l’épiderme était partie. Evelyne était méconnaissable plongeant la famille dans l’horreur et la consternation. Ni les efforts du couple Tiendrébéogo, ni ceux des médecins de l’hôpital Yalgado Ouédraogo ne sauveront la gamine. Elle rendit l’âme dans les bras de sa patronne.
Quel destin ? Originaire de Yagma, la défunte avait rejoint la famille Tiendrébeogo en fin 2008. Très peu savaient qu’elle était une bonne et non un membre de la famille. Informée, la famille de la défunte, à Yagma, a mis près de 40 heures pour venir au chevet de leur fille. En lieu et place d’une Evelyne en souffrance, elle trouvera un corps sans vie d’un être cher. Elle refuse dans un premier temps de voir le corps de sa fille comme quoi la tradition lui interdisait car Evelyne portait une grossesse hors mariage. Et ce n’est pas tout ; la famille veut également savoir les causes exactes de la mort de la petite. De ce fait, on lui propose une autopsie qui sera à sa charge. Elle se rétracte par manque de moyens...
Les parents d’Evelyne vont-ils porter plainte en justice ? A cette question, ils répondent que la justice prend du temps et que cela pourrait porter préjudice à leurs récoltes en cette saison qui se prépare."






