Ici, on vous en a déjà parlé la parenté à plaisanterie est une pratique qui existe entre les ethnies, les clans et les individus de générations différentes. Cette pratique traditionnelle permet de calmer les tensions au sein des communautés. .Toutes les ethnies de Burkina Faso pratiquent ces rites traditionnels. Historiquement, tous les parents à plaisanterie au Burkina Faso ont d’abord entretenu des relations conflictuelles avant de nouer des alliances.

Par exemple, le corps d’un défunt peut être un sujet de plaisanterie.

On nous a raconté qu'à la mort d’un Samo, un Mossi est entré dans la tombe... Les gens croyaient qu’il allait attraper le corps pour le coucher par terre. On le lui donna, mais il le repoussa. Le manège dura si longtemps que cela commença même à énerver la foule. Mais le Mossi était venu de Ouagadougou avec les fils et filles du défunt, c’est eux qui donnèrent de l’argent en expliquant à la foule qu’il était un allié à plaisanterie.

Ainsi il sortit de la tombe et laissa continuer la cérémonie d’enterrement. En remettant l’argent au Mossi, les fils du défunt lui dirent : C’est pour couvrir les frais de carburant.

Le samedi,10 juin 2000 lors des funérailles nationales du Cardinal Paul Zoungrana,qui est mossi,  les Samo ont investi la tombe du défunt,à la cathédrale de Ouagadougou,essayant d’empêcher le corps d’être enterré. C’est après de rudes négociations que le Cardinal a été conduit à sa dernière demeure.

La parenté à plaisanterie se fait également à l’intérieur du clan. Lorsqu’une vielle personne décède dans une famille, les membres de la famille alliée tourne en dérision la situation de deuil par une parodie de réjouissance.

Elle va jusqu’à souhaiter à la famille éplorée que situations similaires se produisent tous les jours, afin qu’elle puisse danser le Warba( danse tradionnelle). Cette façon de célébrer le deuil contribue à dédramatiser la mort;

Un individu est mort, mais l'important est de faire en sorte que sa disparition ne tue pas le groupe.

Chez certains clans, il y a même l’enlèvement du cadavre contre rançon. D’autres vont jusqu’à accuser leurs parents à plaisanterie d’être des sorciers et d’avoir « dévoré » leur propre enfant.

Chez les Kassena,Gourounsi, on  dit par exemple :« Vous avez encore tué,vraiment,vous êtes très forts de ce côté là, bon si c’est ainsi donnez-nous un morceau » !!!

La parenté à plaisanterie va au delà des ethnies et des clans. Elle est aussi intergénérationnelle. Il existe des alliances entre l’oncle et le neveu et entre les grands-parents et leurs petits fils. Lorsqu’un vieux meurt, ces derniers ne doivent pas pleurer. Ils sont autorisés à user de tous les stratèges pour empêcher retarder l’enterrement. Ils peuvent s’asseoir sur le cercueil, bloquer la porte d’accès au corps, encercler la tombe.

Ils ne permettront la mise en terre qu’après avoir reçu des présents.

En 1966, le Burkina Faso,à l’époque Haute-Volta, a échappé à une crise grâce à la parenté à plaisanterie. Le soulèvement populaire du 3 janvier 1966 a conduit le Président Maurice Yaméogo à abandonner les reines du pouvoir. Un mossi allait perdre le pouvoir sur un territoire majoritairement. Et qui l’a remplacé ? C’est un Samo, Sangoulé Lamizana, un parent à plaisanterie. La parenté a apaisé les esprit sans que les gens ne s’en rendent compte car dans l’exercice de la parenté il est interdit de proférer des injures à l’endroit de son allié ou de verser son sang.

Quand on pense que certains disent que l'Afrique n' est pas moderne...la parenté à plaisanterie est vraiment un bon exemple que l'on devrait développer en France et en Europe...