lundi 28 septembre 2009
« c’est le moment »
Voici encore encore un fait divers tiré des journaux locaux, qui montre comme les inondations ont permis à certains de comprendre leurs erreurs...
Lu dans la presse locale : " L’amour
est incontestablement une bonne chose. Cependant lorsqu’il se mue en
passion, il devient une source d’ennuis et de tracas prêts à vous
envoyer au village de « si je savais ». Cet événement vient de se
passer dans notre capitale Ouagadougou. Boukaré est marié et père de
nombreux enfants. Commerçant de son état, il avait réussi à obtenir
grâce à ses relations une parcelle à la faveur du lotissement de 1994
dans l’arrondissement de Nongr-maasom. Mais voulant vivre au
centre-ville notre commerçant a préféré être en locasion à Dapoya.
Notre Boukaré vivait tranquillement avec sa famille jusqu’au jour où
ses yeux se posèrent sur Béa, une vendeuse de dolo au marché de Kilwin.
En temps normal cette union était une abomination. « Un musulman » avec
une vendeuse de dolo ! (le dolo, c'est l'alcool de mil) Mais cela n’a pas calmé les
ardeurs de notre Boukaré. Il fonça tête baissée et en un temps deux
mouvements il réussit son coup en arrachant le cœur de la dolotière.
Nos deux amoureux se livraient à leur sport favori de jambes en l’air
et ayant pris goût à la chose ils décidèrent de vivre ensemble. Pour
cette raison et pour assurer un bon climat d’amour afin de vaquer à ce
que vous savez, notre commerçant mis à la porte sa première femme et
ses enfants. Boukaré venait « de perdre le réseau. » Ce n’est plus sa
tête qui le commandait, mais son petit serpent qui se trouve entre ses
deux cuisses. Ayant maintenant pris conscience, Boukaré rappelle sa première femme et
ses enfants. Et comme le malheur ne vient jamais seul, la pluie
diluvienne du 1er septembre n’a pas eu pitié de notre Boukaré. La
maison dans laquelle il logeait avec sa famille s’est écroulée. Notre
commerçant se retrouve à l’école avec toute sa famille. C’est le regret
total. « Si je n’avait pas vendu ma parcelle, je ne serai pas dans
cette situation ». Mais c’est trop tard."
C’est ainsi que profitant de la situation, notre
dolotière exigea, à son homme, une moto qui est en vogue à Ouagadougou
communément appelée « c’est le moment » qui coûte plus d’un million de
francs CFA. N’ayant pas les moyens pour offrir ce plaisir à sa
dulcinée, Boukaré décide alors de vendre sa parcelle. Ce qui fut fait
et notre commerçant tint sa parole. Il acheta la moto et ouvrit un
télécentre pour sa Béa. Nos deux complices savouraient tranquillement
les bienfaits de la vente de leur parcelle et Boukaré ne jurait que par
sa Béa. Tout allait bien jusqu’à ce que l’argent de la parcelle fut
totalement dépensé. Béa commença à se plaindre, l’argent devenait de
plus en plus rare. La tension monta entre les deux et les doux moments
font place aux querelles injustifiées. Ce qui devait arriver arriva.
Notre dolotière, après avoir provoqué une bagarre comme à ses
habitudes, rassembla ses vêtements et retourna d’ou elle était venue.
vendredi 25 septembre 2009
reportage inondations
A la demande express de notre directeur de publication, je me résous à
vous livrer un petit reportage sur la réalité de sinistrés suite aux
inondations. En effet, difficile d'être simple témoin dans ces cas là...
A la demande d'une association, je suis allée prendre des
photos d'un quartier sinistré afin que les membres résidents en France
aient une idée des dégâts et des conséquences des inondations pour les
familles qu'ils aident.
Cette association intervient à plusieurs niveaux :
alphabétisation, formation à la couture, micro-crédits, soins, auprès de familles défavorisées.
Ces familles habitent dans des zones non loties (sans eau, électricité
et assainissement), particulièrement frappées par les inondations.
Les images parlent d'elles mêmes : les maisons en banco (terre) ont fondu comme du sucre dans l'eau. Il reste donc un tas de terre qui a tout enseveli. 
Seul commentaire : tout le travail réalisé depuis des années par cette
association - et qui s'inscrit donc dans la durée - a été quasiment
anéanti en une journée. En effet, les quelques économies réalisées par les activités
de micro-crédit par les femmes vont être réinvesties dans la
reconstruction d'une nouvelle maison - quand ces économies n'ont pas
été ensevelies dans les décombres - et ne pourront plus être au service
de la scolarisation, la formation ou les soins pour ces familles.
mercredi 23 septembre 2009
Avoir la police aux fesses !!!
Encore une histoire incroyable racontée dans un journal local sur une méthode de vol assez étonnante. On ne sait pas si cette technique pourrait marché en France... En tout cas, comme on dit ici, attention quand même aux génies !
Lu dans la presse locale :
" Un jeune de 24 ans, contrairement aux voleurs à mains armées, est sorti de ce cadre pour mener son jeu autrement. Après mure réflexion, ce jeune s’est convaincu de la faiblesse de l’homme face aux femmes « bobarabas » c'est-à-dire les femmes aux très grosses fesses.
Il se confectionna donc des fesses à l’aide de sa culotte bourrée de chiffons, des seins, une perruque, des chaussures de femmes, un tour de maquillage et le tour était joué.
Il rodait nuitamment dans les rues du centre ville, et tous ces noctambules qui le croisaient, tombaient sous le charme.
Le commandant de la brigade de la ville qui l’a interpelé ironisa en disant qu’il avait lui-même cédé !
Le scénario commençait toujours par une invitation pour un pot. Ensuite, l’imprudent l’invitait à passer la nuit à son domicile. Une fois là, elle, ou plutôt lui, se disait insatiable et proposait du viagra, pour développer ses capacités sexuelles et qui en réalité était un somnifère. Une fois les comprimés pris, ce dernier s’endormait aussitôt et le malin emportait ce qu’il voulait.
Le commandant de la brigade de la ville profite de l’occasion pour prodiguer des conseils aux amoureux ambulants, peu soucieux des intentions et de la moralité de celles qu’ils croisent dans les rues de Ouagadougou. « On ne fait pas souvent attention aux actes que nous posons, et après on dira qu’on a croisé des génies »
Messieurs les opportunistes, prenez soin de bien regarder
vos hôtes de nuit ou passez vous en !!! "
dimanche 20 septembre 2009
des problèmes d'insomnies ?
La Direction régionale de la police nationale du centre a
démantelé un réseau de cambrioleurs qui opéraient dans les secteurs 30,
15, 16 et 17 de Ouagadougou .
Ils ont été présentés à
la presse au commissariat central de police
de Ouagadougou.
Des perquisitions dans leurs domiciles, a indiqué le patron de la police du Centre, ont permis de récupérer des engins à deux roues, des appareils divers de maison, une arme à feu, des bouteilles de gaz, des outils et des clés ainsi qu'un lot d'amulettes.
L’enquête a permis d’interpeller Ilboudo Daouda, un receleur, qui a tenté de s’enfuir en abandonnant sa motocyclette, et Bouda Boureima, fournisseur de la bande en armes à feu.
Selon le cerveau de la bande, a indiqué le commissaire Zabré, le mode opératoire consistait à endormir leurs victimes par la puissance des amulettes, un somnifère magique qui permet d’ouvrir les portes des domiciles à l’aide des clés ou des cisailles.
Donc, si vous avez perdu vos clés, ne vous en faites pas, on a des amulettes !
jeudi 17 septembre 2009
Echelle des valeurs..no comment
Un fidèle lecteur de notre blog nous envoie l'article suivant tiré du courrier des lecteurs de Télérama :
"Des pluies diluviennes se sont abattues la semaine dernière sur l'Afrique de l'ouest entrainant de graves inondations: hopital de Ouagadougou évacué, routes et ponts emportés, barrages rompus, habitations détruites et plusieurs dizaines de morts. Aucun grand média n'en a parlé, le Gabon monopolisant notre intérêt pour l'Afrique et nous savons pourquoi! Selon notre échelle des valeurs, il est vrai que ce n'est rien en comparaison d'une fermeture de classe en France pour cause d'une hypothétique grippe A"
Le 10 septembre, le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations
Unies (Ocha) annonçait :
“Près de 600. 000 personnes sont affectées par les inondations suite
aux fortes pluies qui s’abattent depuis le mois de juin en Afrique de
l’ouest et ont causé la mort de 159 personnes”
Un autre lecteur tout aussi assidu nous communique cet article du Monde daté du 17 septembre :
De ces événements dramatiques, la presse française - et étrangère -
n'a guère rendu compte. Les agences de presse ont pourtant donné
l'alerte, mais sans susciter de réaction. Au mieux, l'affaire a été
expédiée en quelques lignes, confirmant l'idée que l'Afrique intéresse
peu les médias. L'annonce qu'un cyclone aurait ravagé les côtes de la
Floride et affecté 600 000 personnes aurait suscité davantage d'écho...Ce
qui vient de se passer dans cette partie de l'Afrique méritait pourtant
un meilleur traitement...
Si les inondations sont bien une conséquence du
changement climatique, le constat s'impose que l'Afrique est mal
préparée à l'affronter. Ses villes, en plein essor, se sont développées
sans plan d'urbanisme. L'occupation de l'espace y est anarchique, sans
système d'évacuation des eaux. De nouvelles catastrophes sont à
redouter. La presse en parlera-t-elle?
lundi 14 septembre 2009
On l'a échappé belle...
On vous a déjà raconté comme la circulation est difficile et qu'il faut être attentif toutes les secondes...La probabilité est que tout est improbable !!!
Voyez par exemple cet accident arrivé hier et raconté dans la presse locale :
"Un véhicule chargé de bouteilles de gaz a causé un accident en plein Ouagadougou. Il a d'abord défoncé une voiture, stationnée au bord de la chaussée. Puis, il a continué et a alors percuté un motocycliste. La voiture a été trainée sur dix mètres le pauvre motocycliste.
Enfin, le véhicule fou a fini sa course folle dans un poteau électrique, produisant des courts-circuits et des étincelles. Pris de
panique, deux motocyclistes, qui passaient à côté se sont aussi percutés. Ils ont été
blessés et transportés à l'hôpital ainsi que le premier motocycliste,
qui, lui, s'en est bien sorti juste avec quelques égratignures...
Heureusement, le pire a été évité car une voiture chargée de bouteilles
de gaz, après tous ces chocs, aurait pu provoquer une explosion
monstre."
vendredi 11 septembre 2009
L'avion décapotable !
Depuis plusieurs mois, un avion est en bout de piste de l'aéroport international de Ouagadougou et ne bouge plus du tout...
C'est un avion d'une compagnie sud africaine qui est en cessation de paiement...
En juillet, avant de partir en congés, on a constaté qu'il se passait quelque chose autour de cet avion...
Ici on récupère tout...petit à petit l'avion a commencé à partir morceau par morceau !!!
A notre retour, il en restait de moins en moins de cet avion !!!
C'est même possible que l'on retrouve des bouts dans un autre avion...
Mais, ca va pas être facile de s'y retrouver avec les boites noires !!!
mardi 8 septembre 2009
70 milliards
Hier, 9h, nous partons à une réunion en voiture. A l'arrière, bizarrement, il n'y a plus de fenêtre du côté droit et il y a une énorme entaille dans la porte...je demande ce qui s'est passé.
"Oh ! mardi, pendant les inondations, il y avait de l'eau partout, on avait du mal à rouler et on a vu deux types en train d'attaquer le bitume à coup de pioche...on s'est arrêté pour leur demander ce qu'ils faisaient.
Ils ont répondu qu'ils cassaient la route car c'est elle qui empêchait l'eau de couler !!! On leur a dit que c'était interdit et que ce n'était pas la route qui amenait l'eau alors ils se sont énervés et ont foncé droit sur la voiture armés de leurs pioches...on a juste eu le temps de démarrer en trombe mais ils ont quand même réussi à donner un coup de pioche sur la fenêtre de derrière" !!!
A peine a t il fini son histoire, que soudain, le téléphone sonne...c'est le maire : "tous les cadres sont convoqués à la Présidence"; Heure limite d'arrivée 9h30. Tous les cadres de la mairie, quelque soit leur emploi du temps doivent donc se rendre immédiatement là bas...
Demi tour et nous voilà parti direction la Présidence.
L'avenue de la Présidence est barrée par un cordon de militaires. Le véhicule s'arrête. Nous continuons à pied et suivons les dizaines de personnes, toutes mises sur leur 31.
C'est la journée de lancement de la Semaine d'appel à la solidarité nationale et internationale initiée par l'Etat suite aux inondations.
Après les discours d'ouverture, une queue se forme pour aller porter son don. 
Ce sont d'abord, les membres du gouvernement qui donnent chacun un mois de leur salaire soit au total plus de 23 millions de F CFA, représentant le cumul des salaires mensuels de chacun. Ensuite, les députés qui chacun donne 150 000 F CFA. Les Nations unies ont débloqué plus de 376 millions de F CFA. Après arrivent les différentes entreprises (Total, Nestlé, etc.), le Moro Naaba empereur des Mossis, les organismes consulaires, les communautés religieuses et enfin les particuliers.
Les dons sont annoncés les uns après les autres. Il y a des dons en argent mais aussi des dons en nature : des tonnes de riz, maïs, sorgho, du pain, du sucre et de la farine, des nattes...
Un prêtre annonce qu'il va donner 10 chapelets, une dame donne 1000 cfa (1.5€), un monsieur donne 10 millions mais ajoute qu'il verra dans la semaine s'il les a...
Enfin, un homme arrive et devant le Président dit qu'il va créer une ONG dont le but sera de faire travailler pour toujours les mossis au service des samos sinistrés...Eh oui ! même en ces moments là, la parenté à plaisanterie n'est jamais oubliée !!!
C'est environ un milliard de F CFA, qui a été récolté durant cette manifestation.
Suite aux inondations, les besoins de reconstruction et de réhabilitation des infrastructures endommagées sont estimés à environ 70 milliards de francs CFA et à 7 milliards pour le volet humanitaire...
lundi 7 septembre 2009
Ca va aller...
La vie a repris...l'eau est partie, même s'il en reste encore à certains endroits, notamment près des barrages.
Un premier bilan fait état de 150 000 sinistrés. Plus d'une dizaine de ponts ont été endommagés. près de 25 000 maisons détruites...
Le centre hospitalier universitaire Yalgado Ouédraogo s'est trouvé en
grande partie sous les eaux et les malades ont dû être évacués. 
La centrale électrique dont on dépend a aussi été submergée par les eaux. Le courant a été coupé toute la journée, mais maintenant, il a repris normalement.
L'inondation de la cinémathèque africaine pourrait avoir endommagé
une partie des 1.500 films conservés au siège du Festival panafricain
du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco)...
Les Archives municipales, où se trouve les différents administratifs (actes de naissances, jugement du tribunal, etc..)ont été très touchées...le spectacle est désolant...
On essaie de récupérer ce qui est récupérable...toutes ces archives sont sur des supports papier...
Idem, dans les lycées, où la rentrée est normalement prévue début octobre...Dans celui que j'ai visité les salles ont toutes été submergées. les appareils électriques sont hors services. Les documents administratifs trempés...
La solidarité s'est rapidement mise en place. Il y a une forte mobilisation de tous.
Des vivres, gaz, habits, argent ont été apportés pour aider les sinistrés. .
Et faut stocker tout ça pour le redistribuer rapidement à ceux qui en ont besoin...
90 lieux ont été ouverts sur la ville pour accueillir les sinistrés.
Le problème pourrait venir des problèmes d'hygiène et du fait que les populations consomment des animaux tués par les eaux et s'exposer à des maladies, notamment le choléra.
samedi 5 septembre 2009
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