jeudi 30 juillet 2009
Interrutpion momentanée de votre émission
mardi 28 juillet 2009
Ma moto est gâtée
Ma moto est donc gâtée...Voilà une expression bien d'ici, où il existe une vraie inventivité de mots français.
Elle signifie simplement que ma moto est en panne.
Je pars donc à la recherche d'un garagiste...
ca y est, je viens d'en trouver un qui a l'air très bien...
Eh bien ! j'ai eu raison d'avoir de l'espoir...
ma moto n'est plus gâtée !
dimanche 26 juillet 2009
Opération "CANIVEAU"
Ce matin, sur mon bureau, une note me convoque demain à 7h30 pour l'opération "CANIVEAU"...
Le lendemain, je suis à Bogodogo, arrondissement de Ouagadougou. Devant moi, des hommes à l'aide de barre de fer soulèvent des blocs de béton. La population et les associations sont venus nombreuses pour participer à ces travaux d'intérêt général.
Et les agents de la mairie ont donc aussi été invités à mettre la main à la pâte.
Les blocs se soulèvent enfin. En dessous, c'est le caniveau, qui depuis sa création n'a pas été nettoyé...
Il y a près d'un mètre de terre accumulé d'où ressortent un certain nombre d'objets, pneus, boites de conserves, plastiques, etc...
Tout le matériel a été prévu, mais il n'arrive pas tout en même temps. Les pelles et les pioches sont déjà là. Certains les prennent et descendent dans le trou...Moi, j'avoue, je préfère attendre l'ensemble de la tenue de combat !!! A 8h, arrivent les masques...non ! non ! ce n'est pas contre la grippe A !!!
A 8h30 arrivent les bottes et à 10h30 les gants. C'est bien, car à 10h30, le soleil est haut et ses rayons tapent forts ...il fait au moins 35°c..
Et, hop ! on descend dans le trou...Ca s'enfonce, mais ca ne sent pas mauvais...
La chaleur devient de plus en plus grande et encore plus avec les dizaines de personnes qui piochent comme des dingues...Et pendant que tout le monde tape le sol, le soleil, lui, tape aussi...et pourtant, tout le monde continue...Quelle énergie et quelle patience !
Je demande : "et c'est encore loin ?" On me répond ! "non ! non ! c'est là bas le bout"
En fait, il y a 5Km de caniveaux !!!
Et cette opération a lieu tous les samedis jusqu'au 11 octobre !!!
Voilà, une idée à reprendre en France pour mobiliser les fonctionnaires et les usagers !!!
Comme je rentre cette semaine en France, je trouverai bien là bas quelques caniveaux à me faire pour ne pas perdre la main !!!
jeudi 23 juillet 2009
Burkina bè ou burkinabais ?
Dessin humoristique de la visite du Ministre français de l'immigration, Brice Hortefeux venu signer une convention sur l'immigration entre les 2 pays et qui a parlé des burkinabais.
En fait, quel est l'accord du mot burkinabè ?
En fait, en Afrique, on accorde pas le genre et donc on dit : burkinabè et non burkinabais qui au féminin ne serait pas poli du tout !
lundi 20 juillet 2009
Les filons du désespoir
Plusieurs mines d'or ont été découvertes au Burkina et bientôt sera exploitée l'une des plus grandes mines d'or d'Afrique, la mine d'Essakane dotée de 120 tonnes. Si, c'est une chance économique, c'est aussi un lieu de tragédies...
Or, aujourd'hui, la saison pluvieuse a débuté, période où les risques d'éboulement sont les plus importants.
Ces derniers temps déjà, trois orpailleurs ont trouvé la mort par suite d'éboulement. En février dernier, quatre chercheurs d'or ont aussi perdu la vie dans les mêmes circonstances. Déjà en août 2008, trente-quatre corps sans vie avaient été exhumés des
décombres de la mine d'or de Boussoukoula dans le sud-ouest burkinabé.
Dans la mine désaffectée de Poura, deux effondrements, survenus, l'un en juillet et l'autre, en août 2006 ont causé le décès d'au moins une vingtaine de personnes. La même année à Kyon, dans le Boulkiemdé, le site aurifère d'Epara a mangé, comme on le dit ici, deux personnes.
Derrière ces accidents, souvent le comportement suicidaire dû à la pauvreté, mais aussi les mesures de sécurité autour de certaines zones aurifères non appliquées, qui transforment les trous creusés pour chercher le précieux métal en caveaux collectifs pour tous ceux qui s'y aventurent...
Comportement qui rappelle un peu celui de ces Africains qui, pour fuir la misère dans leurs pays, tentent de rejoindre l'Europe à bord d'embarcations de fortune. Bien que ces traversées se soldent le plus souvent elle aussi par des tragédies.
Comme me disait l'autre jour, un cireur de chaussures, qui s'acharnait à les faire briller devant moi pour 25cfa (4 centimes d'euros) " Un jour, j'irai en Europe"...
vendredi 17 juillet 2009
Comme dans les banlieues...
La réunion avait commencé depuis une demi heure quand tout à coup quelqu'un est entré dans la pièce en criant : "Rood Woko brulé"
Petit flash back : Rood Woko, c'est le grand marché de Ouagadougou, qui avait brulé en 2003 et qui vient d'être entièrement refait grâce à l'Agence Française de Développement et inauguré le 16 avril dernier.
Nous sortons tous en courant du bâtiment...dans le ciel, une immense fumée noire....cette fumée est bien au dessus du Grand marché...
Du bâtiment d'en face, le maire sort suivi de ses gardes du corps. Ils foncent tous vers Rood Woko....
En fait, suite à la mort d'un jeune homme, écrasé par un camion alors qu'il tentait d'échapper à un policier municipal pour avoir violé un ses interdit.
Les gens ont commencé à se regrouper et à partir vers Rood Woko pour régler son compte au policier municipal, qu’ils accusent d’être responsables de la mort du jeune homme.
De loin, ces volutes de fumée, qui s’élevaient au-dessus du ciel ont fait pensé à tout le monde à l'incendie
du Grand marché du jeudi 27 mai 2003.
" Les casseurs opèrent par moment un
repli tactique en se réfugiant dans les stations d’essence alentours,
convaincus que les forces de sécurité et de défense n’oseront pas venir
jusque-là sous peine de provoquer un incendie autrement plus grave.
Pendant ce temps, le corps du jeune gisait dans un bain de sang, sous
le camion, au beau milieu de la voie, à la merci des badauds puisqu’il
n’était sommairement couvert que par un morceau de carton
lundi 13 juillet 2009
Ah ! ca ira, ça ira, ça ira...
14 juillet à Ouagadougou : Va falloir mettre la veste et la cravate sous 40°...
jeudi 9 juillet 2009
La Tontine
Le secteur économique est
spécifique, car on y trouve à côté d’un secteur formel une économie parallèle
échappant aux règles financières officielles : le secteur informel. Ce n’est
nullement du travail au noir. D'ailleurs, il existe la CSI qui est la Contribution du Secteur Informel, un impôt que paient les personnes ayant une activité dans le secteur informel et qui correspond à environ 10 000 CFA par an (15€)
Confrontés à la quasi
inexistence de systèmes officiels de sécurité sociale ou d’assurance incluant
l’ensemble de la population, les individus sont amenées à mettre en place des
moyens originaux. L'un d'eux est la tontine.
La tontine est souvent mis en place au
sein d’une association ou d’un regroupement de femmes. Chaque personne cotise à
une date régulière et le capital (monétaire ou non monétaire) ainsi
constitué est redistribué à tour de rôle aux membres de la tontine.
Elle est généralement fondée sur
une base: ethnique, de secteur d’activité, d’origine géographique, ou du lieu
de résidence... Ainsi, au lieu de thésauriser son argent chez soi ou chez un
proche parent, la personne décide d’en remettre régulièrement une somme dans
une "caisse épargne" gérée par un trésorier de la tontine. Cette
somme est récupérée à un moment donnée par un des cotisants.
On m’a donné comme exemple, la tontine d'une
dizaine de petites commerçantes de tomates qui cotisent 1000 FCFA (1.5€) par
jour auprès d’une des leurs qui joue le rôle de trésorière. A la fin de la
semaine ou du mois, à tour de rôle chacune reçoit l’ensemble des cotisations
avec lequel elle pourra soit d’agrandir son fonds de commerce, soit d’acquérir
des biens de consommation.
La tontine, en favorisant l’épargne, permet de mettre en place les bases d’une économie solidaire.
Pour des populations qui
n'ont que de petites sommes et sont de ce fait peu courtisées
par les banques, se tourner vers les tontines devient une nécessité. La masse
monétaire qui y circule est telle aujourd’hui que de nombreuses études
d’économistes suggèrent à les Etats intègrent ce système original dans leurs politiques économiques.
Mais, rendre officiel ce type de système ne va t il pas dans le même temps le faire disparaitre ?
lundi 6 juillet 2009
Pour ceux qui se demandent ce que je fais à Ouagadougou !
Le maire de Ouagadougou a présenté le résultat des opérations menées par la police municipale au cours du 1er trimestre de 2009.
Il s’agit de saisies de médicaments de la rue, de produits
contrefaits et périmés (biscuits) et de boissons frelatées.
le bilan détaillé des saisies est le suivant :
808 bouteilles de liqueur (frelatée)
373 bouteilles de jus (périmés)
1 lot de liqueur en sachets (frelatée)
71 cartons de biscuits (périmés)
3 cartons de mosquito "Sama"
(contrefaite)
39 tubes de pâte dentifrice "Close
Up" (contrefaite)
1 bac plein de produits prohibés
(médicaments de la rue)
Sur la photo ci dessous, le principal suspect devant son butin :
vendredi 3 juillet 2009
Mort vivant à Ouagadougou !
Les cimetières de Ouagadougou sont en mauvaise état. Les murs de clôture sont détruits car des gens prennent les briques pour construire leur maison.
D'ailleurs, beaucoup de gens enterrent encore leurs morts au sein de leur parcelle. Déjà plusieurs fois, à Ouagadougou, nous avons été invité par des burkinabè et avons à chaque fois été surpris de voir une tombe au milieu du jardin.
Mais le plus étonant c'est ce qui se passe autour des cimetières, comme le relate cet article tiré de la presse locale.
" Décidément les délinquants sont prêts à toutes les
extrémités pour dépouiller leurs victimes. Tenez-vous bien ! La scène,
digne d’un film de Dracula, s’est passée dans un quartier à l’est de
Ouagadougou. Et comme par hasard, elle a lieu dans un maquis qui est
face à une réserve dans une zone pas très loin d’un cimetière. A cet
endroit, aimaient venir boire de jeunes hommes prospères, propriétaires
de motos à la mode, notamment le modèle « Crypton » et cette autre
monture appelée familièrement « C’est le moment ». En ces lieux donc,
deux comparses ont trouvé un stratagème pour faire leur basse besogne.
L’un d’eux s’est dévêtu et s’est entièrement couvert le corps, y
compris la tête, d’une bande de tissu d’une blancheur immaculée, à
l’image du tissu utilisé comme linceul par les fidèles musulmans.
Ensuite, il s’est badigeonné de mercurochrome, avant de se diriger vers les clients, avec cette démarche caractéristique des zombies.
Quelle ne fut donc la frayeur des convives, qui bavardaient fort, de voir sortir de la pénombre cette effrayante apparition. D’abord tétanisés, l’instinct de survie leur dicta de prendre la clé des champs sans autre forme de procès. Tout ce beau monde s’est donc enfui sans demander ses restes, y compris le serveur du jour.
C’était en effet l’objectif recherché par les deux astucieux voleurs. Les propriétaires des engins étant loin, l’acolyte habillé normalement s’empara d’une monture de son choix, la démarra avec force et se fondit dans la nuit, avec le « mort-vivant » juché derrière lui."









