vendredi 30 janvier 2009
Les fous du Burkina Faso
Les "Fous" du Burkina Faso
Vidéo envoyée par gideonvink
Reportage sur les "Fous" qui errent dans les rues du Burkina Faso avec Paul Kabré, photographe dont j'ai vu un de ses films aux ateliers inter horspitaliers de Bobodioulasso,qui est jumelé avec l'Hopital St Jean de Dieu de Lyon.
mercredi 28 janvier 2009
Culture de l'oral, culture de l'écrit
La culture de l'oral est très présente et même lorsqu'il y a l'écrit, on retrouve l'oral comme dans cette article raconté comme un véritable conte dans un journal local :
" Il y a des gens qui ont de fortes curieuses manies quoi ! Quelqu'un qui ne peut pas voir son camarade prendre un médicament sans lui demander de lui en donner. Et ça c'est bien vrai lorsqu'il s'agit de médicament traditionnel : tu arroses ton plat de riz d'une poudre rouge parce que tu soignes tes maux de ventre, ton voisin qui te regarde se sent obligé de t'en demander. Tu mets de la poudre noire dans ta boisson, l'autre qui pense que c'est du «Kan-kan-kan» qui remonte monsieur t'en voudrait «malement» si tu ne lui en donnes pas même s'il n'a pas de projet immédiat pour «Bakari».
Le
vieux Nossyandé, traduisez par «honte des poulets» partageait sa vie de
paysan entre son champ et son activité de guérisseur traditionnel, donc
qui s'y connaît en matière de poudres et de décoctions. Cet
après-midi-là, Nossyandé qui habite le chef-lieu de province, s'était
rendu dans un cabaret à dolo situé entre le commissariat de police et
le marché : il y avait déjà sur les lieux cinq à six personnes qui
toutes trempaient allègrement les lèvres dans les calebasses de dolo.
Lorsque vieux Nossyandé reçut sa calebasse, il la déposa devant lui,
fouilla ses poches et en ressortit une boule de papier plastique. Il
l'ouvrit et en préleva deux ou trois pincées d'une poudre qu'il mit
dans son dolo. A peine eut-il fini de le faire, que tous ceux qui
étaient là, lui tendirent leurs calebasses avec des sourires entendus
comme pour dire «vieux, ta poudre-là doit faire du bien à l'homme,
donne-nous-en car ce qui améliore les vieux, renforce les jeunes...».
Vieux Nossyandé n'aimait pas cette manière de faire mais il se contient
et versa dans les calebasses des uns et des autres de généreuses
pincées de sa poudre. Les uns et les autres mélangèrent très bien le
tout et burent bruyamment leur dolo ainsi assaisonné.
Le vieux, lui, n'avait pas touché à sa calebasse. Au contraire, il fit
sortir de ses poches d'autres boules de la même couleur que celle de
laquelle il avait prélevé le produit, les tournait et les retournait
dans ses paumes l'air fort préoccupé. Puis d'une voix angoissé, il
s'adressa aux autres : «j'espère que personne n'a encore bu son dolo
?...». A l'unisson ceux-ci lui répondirent par l'affirmative. Alors,
vieux Nossyandé de leur dire d'une voix blanche : «c'est grave, car je
me suis trompé de sachet. Ce n'est pas la bonne poudre que je vous ai
donnée... comme les sachets se ressemblent, je me suis trompé... ce que
j'ai mis dans vos calebasses est un poison ; un poison que j'ai
fabriqué pour protéger mes récoltes...». Quelqu'un demanda si ça
pouvait tuer un homme. Le vieux répondit que : «je ne vais pas vous
mentir... ça peut tuer un homme vite vite...».
- Vieux, tu n'as pas le contre ?
- Non! il faut tout faire pour vomir ça... !
D'un même bond les buveurs se levèrent et se pressèrent derrière le
cabaret où chacun, le doigt ou la moitié de la main profondément
enfoncé dans la gorge, essayait de rendre à qui mieux mieux ce dolo
empoisonné.
Resté seul, le vieux vida sa calebasse, et s'en alla sur sa vieille
motocyclette non sans avoir dit à la vendeuse de dolo : «lorsque ces
boukis-là reviendront, il faut leur dire que la poudre n'était pas du
poison... c'était pour leur apprendre à se méfier de ce qu'ils ne
connaissent pas !!» "
Derrière le cabaret, on vomissait, on toussait, et on se mouchait
toujours avec douleur et bruits.
lundi 26 janvier 2009
Fuite des cerveaux ?
Ce mois ci le Burkina faso a signé l'accord sur la gestion de l'immigration avec la France. Les burkinabè sont peu nombreux en France, à peine 3500. Ils immigrent beaucoup plus vers les pays voisins et notamment la côté d'ivoire.
Lu dans la presse locale :
" le Burkina Faso fait partie des huit (8) pays africains à avoir signé avec la France l’accord sur la gestion concertée des flux migratoires et le développement solidaire.
Notre pays compte quelque 3 500 ressortissants dans l’Hexagone. Une petite communauté en comparaison avec le Mali voisin qui en compte autour de 130 000 (qui s’oppose à la signature).
Cet accord a pour objectif de coordonner les mouvements de population entre les deux pays dans un esprit de dialogue et de concertation permanente". Il comporte sept (7) chapitres qui abordent les questions suivantes : la circulation des personnes, le développement solidaire, la coopération policière, la réadmission des personnes en situation irrégulière, l’observatoire des flux migratoires dans la sous-région, le Comité de suivi de l’accord et les dispositions finales quant à sa mise en œuvre.
On y dénombre quelques avantages particuliers en mesure d’améliorer un tant soit peu les conditions d’entrée et de séjour des ressortissants burkinabè sur le territoire français, ainsi que leur capacité à contribuer, de manière significative, au développement socio-économique et culturel du Burkina Faso.
En effet, la signature de l’accord permettra désormais aux étudiants burkinabè en France ou même ceux issus d’écoles établies au Burkina Faso ou ailleurs qui ont une convention de délivrance de diplôme avec les écoles françaises, de savoir, à la fin de leurs études, tenter une première expérience professionnelle en France pendant une période d’un an et même d’y séjourner si au-delà de cette première expérience professionnelle, ils justifient d’un contrat de travail ou d’une promesse d’embauche.
Les Burkinabè en situation irrégulière en France mais titulaire d’un contrat de travail en bonne et due forme feront l’objet de régularisation.
L’accord s’accompagne d’un plan de développement solidaire par lequel les deux parties s’engagent à mettre en œuvre des projets qui couvrent des domaines comme la santé, la formation technique, les microcrédits, les jeunes, les femmes... avec une enveloppe globale de 4,5 milliards de nos francs pour une période de trois (3) ans.
Le ministre français de l’Immigration, Brice Hortefeux, a révélé qu’il n’y a pas un pays dans le monde qui se soucie autant que la France à la fuite des cerveaux …"
dimanche 25 janvier 2009
15°c le matin, un froid de loup
15°C et 16°C ; ce sont les températures relevées respectivement les 21
et 22 janvier 2009 dans la capitale par le centre météorologique de
l’aéroport de Ouagadougou...Quand on voit sur TV5 Monde le froid polaire qui a envahi la France, on a du mal à se plaindre.
Mais, même s'il fait 15°, température normalement supportable, notre corps s'est "africanisé" et, vous n'allez pas nous croire, mais ça caille !!!
La plupart des gens portent des blousons et des doudounes de ski et mettent du baume sur leurs lèvres !
Heureusement, vers midi, la température remonte à plus de 30°c, mais, le soir, ça redescend...
Et depuis quelques jours, l'harmattan, ce vent du Sahara, a commencé pour quelques semaines avec ses énormes nuages de poussières qui s'insinuent partout et qui limitent parfois la vision à seulement quelques dizaines de métres.
samedi 24 janvier 2009
Lancement international du FESPACO 2009
Le FESPACO est le grand festival du film africain et a lieu tous les deux ans à Ouagadougou.
Pour cette 21e édition, du 28 février au 7 mars, 664 films ont été présentés par 75 cinéastes venant de 15 pays différents.
Parmi ces films, 374 ont été retenus pour être visionnés dans les salles de cinéma mais seulement 129 films ont été retenus pour la compétition officielle dont 20 longs métrages, 20 courts métrages, 30 documentaires, 29 films TV-vidéo, 13 séries TV, et 17 films pour le prix Paul Robson de la Diaspora.
Les présidents des jurys viennent de différents pays : du Burkina, du Mozambique, de la RDC, du Nigeria, et même des Etats-Unis.
Deux films burkinabè iront à la conquête du Grand prix, l’Etalon de Yennenga. Il s’agit de Coeur de Lion" de Boubacar Diallo et “Le fauteuil” de Missa Hébié.
vendredi 23 janvier 2009
yomelen yomelen !
Cet après midi, il fait 40°c...la mairie a organisé un cross dans les rues de Ouagadougou. Tous les agents communaux participent ainsi que les handicapés.
J'endosse le sweet shirt aux couleurs de JUMBO, la marque du Maggi local, avec le slogan Sport = Santé et Vie et me voilà au départ avec mes collègues, le Maire et les différents élus.
Un immense char sur lequel jouent des musiciens méne le cortège. Les notabilités sont juste derrière ce qui implique que nous recevons les décibels en plein dans les oreilles. En plus, pas moyen de ralentir, car derrière ils sont des centaines à courir.
Un service d'ordre nous empêche de dépasser le char. Mais, ca pousse de plus en plus et au bout d'un moment je décroche des notabilités...et me voilà perdu... au milieu du peuple...un nassara au milieu d'une marée humaine noire ! On me salue, on me sourit, on me tape dans le dos...tous les 100 mètres le char s'arrête et nous avec, mais avec un peu de retard et on va s'écraser alors sur ceux de devant. Puis, ca redémarre d'un coup et par terre, il y a une ou deux tongs qui trainent et à chaque fois un mec qui essaie désespérément d'en rattraper une au milieu de tous ces gens qui courent. Tout le long du parcours, c'est fou le nombre de tongs qui trainent...d'ailleurs, à force de regarder les pieds en courant, je me rends compte que beaucoup court avec une seule tong ou carrément pieds nus.
Ca fait 3 kilomètres déjà qu'on court, il fait chaud et je me suis retrouver au milieu de la police municipale. A ce moment, ils se mettent tous à chanter en rythme et en cadence "Yomelen yomelen " Je me tourne vers mon voisin et lui demande la signification en mooré. Non ! ce n'est pas du mooré. "C'est quoi alors?" "C'est un e langue qu'ils se sont inventée et ca veut dire: "ambiance ambiance"
5éme kilomètre. nous traversons une voie férrée. En fait, je m'en rend compte que lorsque j'arrive dessus. Mais toute façon, il y a tellement de bruit que je n'entendrais pas s'il y avait un train !!!
Maintenant, en plus de la chaleur, il y a la poussière...Ca en soulève de la poussière des gens qui courent...Tout à coup, je sens de l'eau...Ce n'est quand même pas la pluie !!! Non ! ce sont les gens devant qui balancent des petits sacs d'eau...Ils sont envoyés eau et éclatent en arrivant...sur ceux de derrière...et, moi, j'en fais partie...et un sac rempli d'eau, ca doit pas faire de bien quand on le reçoit en pleine figure !!!
Au bout d'un moment, avec la poussiere, je ne vois même plus le char...A un croisement, je continue tant bien que mal de suivre ceux qui sont devant moi, mais en regardant sur le côté je m'aperçois qu'une partie du convoi est partie sur une autre route... yomelen yomelen !
mercredi 21 janvier 2009
Obama vu de Ouaga
LA UNE DES JOURNAUX AU LENDEMAIN DE L'INVESTITURE DE BARACK OBAMA
"Le changement arrive donc en Amérique et avec lui l’espoir
d’une humanité plus apaisée. Bien sûr, il aura à affronter la pire crise
financière que connaît le monde depuis 1929, il devra démanteler Guantanamo,
régler équitablement le conflit israëlo-palestinien qui engendre tous les
autres conflits et ses actes de terrorisme inqualifiables. La route est longue
et raide mais l’espoir est entretenu par sa flamme et son aura.
“Yes we can and we shall over
can”. Martin Luther King, repose en paix !"
Et deux interviews dans la rue :
Mme Adama Ouédraogo, vendeuse de fruits :
Nous sommes très contents de l’investiture de Barack Obama. Que Dieu le bénisse
encore pour qu’il puisse réaliser ce qu’il pense de bien pour les Africains.
L’élection et l’investiture d’un président noir aux Etats-Unis c’est la volonté
divine. C’est également une volonté divine si un Blanc venait à être présid
ent
d’un pays africain.
Gabriel Karanga, agent de banque : Nous
avons positivement accueilli l’accession de Barack Obama à la plus haute marche
de l’Administration américaine. Il a du sang africain et nous le soutenons. De
par le passé, c’était difficilement imaginable, un Noir à la Maison-Blanche. Mais
Nous souhaitons qu’il y ait une Amérique qui donne une autre image de l’Amérique que celle que nous avons connue de par le passé, notamment avec son prédécesseur George Bush. Nous espérons que son investiture sera un plus, d’abord pour les Américains, parce qu’il a été élu par eux. Et que les relations avec l’Afrique évoluent positivement. Cependant, il faut que l’Afrique prenne conscience qu’elle a des défis à relever et ne pas trop attendre de l’apport immédiat de l’Amérique de Barack Obama.
lundi 19 janvier 2009
Slam à Ouagadougou
Slam à Ouagadougou
Vidéo envoyée par OuagadougouNews
Ecoutez ces slameurs...des mots poétiques, des mots chocs, des mots drôles...
vendredi 16 janvier 2009
Ils sont forts ces libanais
Vous êtes nombreux à vous inquiéter de nos fêtes de fin d'année et à vous culpabiliser des kgs de fruits de mer, dindes et chocolats dont vous vous êtes régalés pour les fêtes de fin d'année. Nous, on ne vous envie pas vos maux d'estomac et autres réjouissances de lendemain de réveillon... Pour le réveillon de Noël, ce fut foie gras pour les parents et pâté Hénaff pour les filles... et pour la St Sylvestre, hachis parmentier... (nous revenions d'une journée de pistes sans manger!!!). Mais, parce qu'il y a des mais... nous avions dans nos réserves un bon St Marcellin à point et un côtes de Rhône! Et oui, on trouve tout chez les Libanais! Le principe : ne pas vous munir d'une liste de courses (vous risqueriez d'être déçu de voir que la moitié de liste barrée), acheter ce qu'il y a ce jour là à ce moment là (avec les bonnes surprises comme le St Marcellin!), adapter vos recettes aux ingrédients disponibles (ça fait 3 semaines que nous pratiquons la "chasse aux oeufs" - non ce n'est pas Pâques - et bien, c'est fou ce qu'on peut faire sans oeufs... mais c'est fou aussi ce qu'on peut faire avec des oeufs!!!!.)... bref, quand les oeufs reviennent, on est tout heureux! En conclusion, on trouve tout mais pas tout le temps! et puis, on vous porte les courses jusque votre coffre de voiture, vous payez en fin de mois (chaque semaine, vous notez votre facture sur un petit carnet avec carbone)... et cela, sans carte Pass et sans crédit à la consommation!
jeudi 15 janvier 2009
Histoire de chats
Histoire de chats
Vidéo envoyée par OuagadougouNews
Faire vacciner son chat, c'est toute une histoire
A Ouaga, il y a quelques chiens style Rataplan mais quasiment pas de chats. on en trouve quelques uns autour des maisons habitées par des blancs. En bon blanc, on a cherché à avoir un chat. Robert nous a dit qu'il en avait vu près de chez lui. Le dimanche suivant, Robert arrive avec un carton. On ouvre le carton, et...deux petits chatons sont blottis au fond. Ce sont des chats sauvages et dès qu'on les a sortis de carton ils ont foncé droit sur les moustiquaires et les ont escaladé en miaulant. Après les avoir décrochés, la première a été surnomée Vanille et le second Chocolat.
Mais, quelques jours après, Chocolat a disparu...Ici, certains mangent les chats, nous a t on dit....
Nous avons donc gardé Vanille. Seulement, comme c'est un animal sauvage, il était impossible de l'approcher. Super ! comme animal de compagnie !
Eh bien ! Clémence a force de patience l'a petit à petit domptée. Mais, elle est vraiment la seule à pouvoir l'approcher. Le soir, en rentrant de l'école, elle l'appelle et Vanille comme un petit chien vient d'on ne sait où.
Le 23 septembre dernier, Vanille a eu 3 chatons. le premier a été casé chez une copine de Justine et les 2 autres, nous les avons gardés. Aujourd'hui, nous allons chez le vétérinaire pour le stériliser.
le vétérinaire, c'est une petit boutique et quand on pénètre l'intérieur ce que l'on voit surtout, ce sont des photos de Zébus, de cochons et d'ânes. Rien à voir avec nos vétérinaires et ses posters de chiens et chats avec d'apétissantes gamelles remplies de dernier produit à la mode.
Le vétérinaire nous explique que les chats, ils en voient pas beaucoup et qu'ils sont tellement peu nombreux qu'il n'y a pas besoin de les vacciner excepté pour la rage.
A peine a t on ouvert le carton que vanille explose telle une bombe et fonce vers un des murs, qu'elle escalade jusqu'au haut d'une armoire. La voilà, perchée tout en haut qui miaule...Le vétérinaire change de visage et me demande si c'est un chat sauvage. On lui explique que oui, mais que Clémence arrive à l'approcher. Il nous dit qu'il va sortir parce que si c'est un félin, il faut faire attention...et le voilà, qui nous laisse tout seul avec la bestiole sur le haut de l'armoire...
On essaie alors toutes les tactiques : l'amadouer...tenter de grimper pour l'attraper...faire comme si on la voyait pas...et de l'autre côté de la porte, le vétérinaire qui toutes les 5 minutes demande : ça y est vous l'avez ?
Finalement, comme aucune de nos stratégie n'aboutit, le vétérinaire revient et nous propose de venir à domicile.
Bonne idée : mais qui emmène le chat ?



