vendredi 26 décembre 2008
Vers le pays Dogon
Il était une fois...Il y a très très longtemps, les Nommos, habitants de l'étoile Sirius sont venus en pays dogon et leur ont transmis leurs connaissances au sujet de cette étoile et de notre système solaire.
Selon la légende, ils construisirent une arche ayant la forme d’un panier, et contenant tout ce qui est nécessaire à l’homme ; un panier, des unités de mesures, des figures géométriques, des matériels de forge, des outils, des graines.
L’arche descendit suspendue à un fil de fer en un lieu qui serait le lac Debo ; le sol était sec et le Nommo se transforma en cheval pour tirer l’arche jusqu’en un lieu que les premières pluies remplirent ; elle se mit ensuite à flotter comme une pirogue....
Pour les fêtes, nous partons donc au Mali à la découverte du pays Dogon...
jeudi 25 décembre 2008
On est foutu, on mange trop !
Un dessin humoristique sur alimentation et l'espérance de vie entre Nord et Sud...No comment...
mercredi 24 décembre 2008
Dis papa ! c'est quoi l'anti corruption ?
Aujourd'hui, en bons chrétiens, nous avons invité les collègues de la mairie. Le principe est qu'au Tabaski, les musulmans ouvrent leur porte aux amis, collègues, voisins et famille et à Noël, ce sont les chrétiens qui ouvrent leur porte. Il y a une heure de départ, mais on ne sait pas quand ça se finit, qui viendra, qui ne viendra pas etc... chacun vient, fait les salutations d'usage, s'assoit, palabre, boit, mange, rit, et demande la route trois fois pour laisser la place aux suivants. Un grand jeu d'allers et venues assez fatigants pour les hôtes (les verres et assiettes doivent toujours être pleins) mais très animés et joyeux.
On a préparé des spécialités lyonnaises venues diretement par Air France : rosette de Lyon, gratons, Beaujolais...et les plats traidtionnels de fête burkinabè (salade composée, mouton, riz sauce). Il manquait seulement le Tô!
Après quelques verres, la discussion arrive sur les questions religieuses...Autour de la table, il y a musulmans, catholiques, protestants. mais, ici, les questions religieuses se font dans l'humour et le rire. On ne blasphème pas bien sûr mais, chacun dit un petit mot pour faire rire tout le monde..et ça rigole...on arrive ensuite à la princesse Yennega, qui est la fondatrice de l'empire Mossi partie avec son prétendant...et, là, la discussion porte sur l'ethnie du prétendant..."Il est Bissa" "Mais, non Dagara" "moi, je vais vous le dire, il est Samo"...et tout le monde rigole à chaque éthnie nommée.
En partant, ils sont comme on dit ici "tango tango"...Joyeux noël
La porte sitôt fermée, Clémence nous montre un billet de 2000 Francs cfa, que lui a doné le chef de la police...
Le lendemain, lorsque je raconte cela à un collègue, il me dit "quand un usager donne 2000 F cfa à un policier, c'est de la corruption, mais quand le chef de la police te donne 2000 F cfa, c'est le contraire, c'est de l'anti corruption !!!"
Dangereux le casque !
Ce matin sur RFI que j'écoute en voiture : une émission sur la sécurité en Afrique. "La ceinture de sécurité et le port du casque sont obligatoires dans tous les pays d'Afrique...". J'écarquille les yeux car je ne vois ni ceinture, ni casque à l'horizon! pourtant je suis sur une des plus grandes artères de la ville; suis-je bien en Afrique???
Au feu, je suis témoin d'un méga-accident entre deux mobylettes : l'une a traversé de droite à gauche sans crier gare quand le feu est passé au vert et nous a tous coupé la route... pendant qu'une autre arrivait à fond et n'avait pas du tout l'intention de s'arrêter au feu. Résultat : 2 bonhommes par terre qui ne bougent plus - pas de casque bien sûr!
Je reviens à la maison un peu abasourdie et demande à Justine si vraiment la ceinture et le casque sont obligatoires au Burkina Faso : Nadège la fille de Justine me répond calmement que les lois existent mais que les Burkinabè ne les respectent pas. Quant à Justine, elle dit qu'on n'entend rien avec le casque et que c'est dangereux!
Frédéric continue nos investigations sur la sécurité avec Etienne (le chauffeur de la mairie). Etienne explique qu'ici, on ne porte pas le casque pour 4 raisons :
1- Il fait chaud, ça on peut le comprendre....
2- On a du mal à respirer, Ca, c'est plus dur à expliquer....
3- On entend pas quand on nous klaxonne. De toute façon avec on sans entendre le klaxonne, ici, on fonce...
4- On peut pas regarder très vite à droite ou à gauche pour passer entre les voitures...
Les plus disciplinés portent un casque en équilibre sur le sommet du crâne - en cas de choc, ils doivent espérer que le casque se place de lui même sur la tête pour amortir....
La ceinture, elle serait désagréable car pleine de poussière, elle salit les vêtements : ça, c'est vrai - j'en ai fait l'expérience à un RV chez l'ambassadeur pour lequel j'avais sorti ma belle veste rose. J'avais une jolie décoration couleur latérite du haut de l'épaule jusqu'au ventre.
Nous, malgré le danger, la chaleur et la poussière, on continue à respecter les règles de sécurité!!!!!
lundi 22 décembre 2008
60éme anniversaire
Le 10 décembre 1948, les 58 Etats Membres qui constituaient alors
l’Assemblée Générale des Nations Unies ont adopté la Déclaration universelle des droits
de l’homme à Paris au Palais de Chaillot. Ce texte est fortement inspiré de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789.
Aucun État ne s'est prononcé contre et seuls huit se sont abstenus, notamment l'Afrique du Sud de l'apartheid, qui refuse l'affirmation au droit à l'égalité sans distinction de naissance ou de race...
Ce mois ci, on fête donc le 60éme anniversaire. On a eu une idée avec le Centre Culturel Français, qui a une exposition sur ce thème. Pour la première fois, nous proposons d'exposer les panneaux sur les grilles de la mairie. Beaucoup plus de gens pourrons voir l'exposition et ce type d'évènement met en même temps en valeur cet équipement public, qu'est l'Hôtel de Ville.
Autre idée : le jour de l'inauguration, les articles de la déclaration sont lus en français, mooré, dioula et foufouldé.
samedi 20 décembre 2008
Le cirage de la pauvreté
Le nombre d'ONG est incroyable. Pour les compter il suffit de dénombrer les 4x4. Un des premiers besoins d'un projet est le fameux 4x4 flambant neuf. En tout cas, même si on ne peut mettre tout le mode dans le même sac, il y a bien un charity business de l'aide humanitaire...
Et parfois, l'aide que l'on croit apporter pour résoudre un problème est utilisée à d'autres fins, comme le raconte l'article ci dessous.
Lu dans la presse :
"Les habitants du Bandundu en République Démocratique du Congo(RDC), où le taux de prévalence de VIH/SIDA est estimé à 3,1% sur 7% dans l’ensemble du pays, ne font pas bon usage des préservatifs dans ce sens qu’ils les utilisent pour d’autres fins et plus précisément pour le cirage des chaussures. C’est ce que rapportent les organisations de lutte contre le VIH/SIDA et les infections sexuellement transmissibles (IST) basées à Bandundu ville.
Nombreux parmi ces habitants utilisent le lubrifiant des préservatifs, souvent distribués gratuitement, pour donner de l’éclat à leurs chaussures.
A en croire cette source, un des responsables d’antenne du Fonds des Nations unies pour la population a jugé cette pratique, réduisant l’usage du préservatif à un simple cirage, d’immaturité flagrante et d’un sabotage. Pour d’autres personnalités, l’utilisation de ce produit pour cette fin est ‘‘un acte criminel et une honte’’. Ce n’est pas le cas pour les usagers qui estiment, pour leur part, que le préservatif est vendu sept fois moins cher qu’une boîte de cirage et qu’avec ce lubrifiant, il ne se pose pas de problème de couleur. ‘‘Ça va avec les chaussures de toutes les couleurs et l’opération est simple’’ rapporte un fidèle usager.
D’où, c’est la pauvreté qui pousse les gens à utiliser ce lubrifiant comme cirage et surtout que la distribution des préservatifs est gratuite.
Genèse de la pratique
Il s’avère que cette étonnante pratique d’utiliser le lubrifiant des condoms comme cirage résulte de l’imagination d’un groupe de policiers et militaires de la ville. La source rapporte que tout a commencé en 2007, lorsque ces derniers étaient internés dans un camp militaire de la place pour une formation. D’après les explications d’un de leur, n’ayant pas de sous pour s’acheter des boîtes de cirage noir, ils ont commencé à utiliser le lubrifiant des préservatifs pour cirer leurs bottes. C’est ainsi que cette découverte s’est rapidement propagée dans toute la ville, où la pratique a suscité beaucoup de curiosité auprès du reste de la population civile.
Il convient de souligner qu’en vue de mettre fin à cette pratique, considérée comme un ‘‘détournement abusif’’ du préservatif, plusieurs actions timides sont menées dans ce sens. Les cibles sont des groupes jugés très vulnérables en matière de propagation du SIDA. Les organisateurs de ces diverses actions ont estimé commencer la sensibilisation auprès des policiers et les militaires d’où l’idée était venue."
mercredi 17 décembre 2008
Assuré le taxi ?
Lu dans la presse locale, un article sur les taximens, comme on les appelle et leurs taxis. Ils sont plus de 1500 et sont verts.
Quand on prend un taxi ici, certains taxis vont d'abord prendre de l'essence avec l'argent qu'on lui donne. Ensuite, l'état du taxi est tel que dans certains taxis, c'est sympa, on voit la route à travers le plancher...
"Les taximens se sont retrouvés le dimanche 2 novembre dernier au cours d'une assemblée générale pour fustiger une mesure qui aurait été prise par le gouvernement , à savoir imposer un an d'assurance à ceux qui se feraient prendre pour défaut d'assurance.Ils étaient très énervés et récriminaient. La raison ? Une information qui a fait monter l'adrénaline des taximens.
Le président du Syndicat national des taximens du Burkina (SYNTAB) Tibo Hamado Kaboré, n'est pas passé par quatre chemins pour dénoncer une mesure injuste qui va mettre en danger leur activité. Il a eu des mots très durs contre le Premier ministre, Tertius Zongo qui, selon leurs informations, aurait donné son accord avec le ministre de l'Economie et des Finances afin qu'on sanctionne excessivement ceux des leurs qui seraient interpellés pour défaut d'assurance (en leur faisant payer un an d'assurance soit quelque 180 000 F CFA).
"Ce n'est pas normal. Ils veulent nous tuer" a martelé pour sa part le président de la Fédération nationale des taximens du Burkina (FNTT/STB) estimant qu'ils sont tous arrivés par contrainte dans ce métier où les difficultés sont légion. "Si on vous interpelle, laissez votre véhicule aux mains des policiers ; nous allons nous organiser pour débarquer chez Tertius Zongo pour lui exprimer notre mécontentement" a-t-il ajouté dans un tonnerre d'applaudissements au siège du SYNTAB. A sa suite, le secrétaire général du SYNTASO (Syndicat national de la solidarité) Issouf Compaoré et plusieurs délégués se sont exprimés sur le sens du sacrifice des taximens qui n'ont pas augmenté le prix de la course (200 F CFA) pour tenir compte des difficultés des Burkinabè avec la vie chère. A l'issue de ces interventions qui ont fait souvent monter le mercure dans la salle, le représentant de 0 la Direction générale des transports terrestres et maritimes (DGTTM) Bertin Ouédraogo a pris la parole pour marquer son étonnement par rapport à la mesure querellée par les taximens. A sa suite, Oumarou Kièma a reconnu effectivement qu'il n'y avait pas un document officiel à ce propos. L'intervention de Bertin Ouédraogo a fait baisser la tension au sein des taximens parce qu'il a demandé à leurs responsables de venir discuter de tous ces problèmes au ministère des Transports."
dimanche 14 décembre 2008
Parenté à plaisanterie : l'histoire du samo
Un collègue Samo me raconte une histoire sur les mossis :
Issa,malade sur son lit de mort était nourri au "gonré" (c'est le vrai plat mossi à base de pâte de haricot") par Mahila, sa femme, qui pleurait en récitant des prières.
Issa dans un soupir dit à sa femme : " Mahila, je t'aime, je dois te parler avant de partir"
Mahila : "Oui, moi aussi je t'aime, mais repose toi, , ne perds pas tes forces en essayant de parler, mange plutôt"
Issa : "non, il faut que je me confesse"
Mahila: "non, tu n'as rien à confesser, tout est correct, prends encore un peu de "gonré"
Issa : Non ! non...je dois mourir en paix, il faut que je te l'avoue !...dans un moment de faiblesse, je t'ai trompée avec ta soeur...et aussi avec Sylvie ta meilleure amie, et aussi...avec.."
Mahila : Oui, je sais tout, maintenant que tu as fini ton "gonré", repose toi et laisse le poison agir..."
vendredi 12 décembre 2008
Papyves et Josette ont testé pour vous
Rentrer sans visa en France est quasiment impossible. Et quand ça arrive au Burkina...Que se passe t il ?
Papyves et Josette ont testé pour vous. Quand on entre au Burkina et qu'on oublie son visa, c'est possible : il suffit de payer 10 000 francs CFA à l'arrivée, on vous prend votre passeport et 72h après il faut simplement retourner le chercher à l'aéroport.
C'est donc ce qui est arrivé à Payves et Josette, qui sont donc partis récupérer leur passeport. 10 minutes après, c'était fait. Ils sont donc allés attendre Marydo et boire au maquis en face de l'aéroport. 
A peine installés, un cireur de chaussures est arrivé et à la vue de leurs chaussures couvertes de latérite, il a développé tout un argumentaire pour les convaincre de l'urgence de faire cirer leurs chaussures. Convaincus, ils ont donc libéré leurs pieds et les ont déposé sagement sur le petit banc que, gentiment, le cireur avait installé devant eux. Le cireur leur explique qu'il en a pour une quinzaine de minutes et part alors avec les deux paires de chaussures...
Voilà donc nos deux compères, assis devant la grande artère de l'aéroport International de Ouagadougou, pieds nus en train de siroter une sucrerie et attendant le retour du cireur de pompes.
Peu de temps après, Marydo, qui venait les chercher, passe devant eux en voiture en se demandant mais quelle curieuse position pour attendre un visa !!!
Ils lui expliquent qu'un cireur leur a pris leurs chaussures et qu'il devrait revenir...
Et quelles chaussures : des chaussures en tissu blanc avec des entrefilets dorés pour Madame et des chaussures en daim foncé pour Monsieur! Marydo se dirige vers le cireur en se demandant bien comment ces chaussures ont pu être cirées! et bien, elles ont été lavées à grande eau et sèchent au soleil sur le mur d'en face!!! en plus le cireur a recousu sans fil doré les chaussures de Madame et collé un tallon beige clair sous les chaussures de Monsieur!!! ce sera du plus grand chic pour les dîners en ville parisiens! Mais rassurez vous il y a quand même eu un coup de cirage après le grand lavage !!!!
jeudi 11 décembre 2008
11 décembre
En1896 le royaume mossi de Ouagadougou devient un protectorat français. En 1898, la majeure partie de la région correspondant à l’actuel Burkina est conquise par la France. En 1904, ces territoires sont intégrés à l’Afrique Occidentale Française au sein de la colonie du Haut-Sénégal-Niger.
En 1919, la Haute Volta est créée puis dissoute en 1932. En 1947, le pays est reconstitué. La République de Haute Volta est proclamée le 11 décembre 1958 dans le cadre de la Communauté Française.Il y avait alors un peu moins de 4.5 millions d'habitants contre près de 14 millions aujourd'hui.
C'est finalement le 5 août 1960 qu’elle accéde à l’indépendance politique comme bon nombre de pays africains colonisés par la France. C'est, d'ailleurs, à cette même époque que Sekou Touré en Guinée lançait au Général De Gaulle la phrase "Nous préférons la liberté dans la pauvreté à l'opulence dans l'esclavage"...
Et le 4 août 1984, la Haute Volta devient le Burkina Faso qui signifie "Pays des hommes intègres".
Aujourd'hui, 11 décembre, c'est férié. L'an dernier, un grand défilé avait eu lieu à Ouagadougou. Cette année, il a lieu à Fada, à environ 200 km de la capitale.




